Et si nous semons du pétrole ?
- hairless17
- 15 janv.
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Dernière mise à jour : 16 janv.

Je suis d'origine arménienne, née en Syrie, j'avais deux ans quand je suis arrivée au Venezuela en plain boom pétrolier (le pays avait nationalisé le pétrole en 1971 qui était avant dans les mains des multinationaux). Le pays dans les années 70' était en plain essor économique. Les dirigeants politiques de l'époque ont demandé des méga crédits pour créer ou améliorer les infrastructures existantes et aller vers le progrès.
Cette histoire 50 ans après comme vous le savez ne finis pas bien. Avant la nationalisation les vénézuéliens étaient en hyper-dépendance des produits venant des Etats-Unis. Le progrès n'est jamais arrivé, l'hyper-dépendance aux Etats-Unis continuait et les méga crédits ce sont transformés en méga dettes. Une série des présidents corrompus et voleurs laissent le pays endetté jusqu'à la tête et la monnaie national sans valeur et permettent à Hugo Chavez Frias réaliser une révolution sociale qui malheureusement n'as pas tenue les promesses laissant après sa mort un espèce de dictateur qui à emmené le pays dans la faillite et qui avait hypothéqué le pays aux chinois et aux russes.
Début 2026, Maduro et sa femme sont capturés par les forces armés américaines dans un raid ultra-rapide. Maintenant le pays sombre encore sur la force d'oppression du même gouvernement mais avec la différence que les entreprise américaines seront de retour pour exploiter l'or noir du Venezuela sans donner un seul centime aux vénézuéliens.
Déjà en 1936, l'intellectuel vénézuélien Arturo Uslar Pietri, avait écrit dans un journal un article intitulé "Semer le pétrole". Cette article parle des dangers de vivre des rentes du pétrole sans investir les profits dans l'éducation, l'agriculture, l'élevages et d'autres industries nationaux. Il parlait déjà des risques d'une malédiction des ressources naturels ou du pétrole.
Presque 100 ans après il résonne comme une prophétie ou un avertissement. Je cite un extrait "l’économie destructrice est celle qui sacrifie l’avenir au présent et qui, pour reprendre les termes du fabuliste, ressemble à la cigale et non à la fourmi."..."Au lieu que le pétrole soit une malédiction qui nous transforme en un peuple parasite et inutile, qu’il soit l’heureuse conjoncture qui permettra, avec sa richesse soudaine, d’accélérer et de fortifier l’évolution de la production du peuple vénézuélien dans des conditions exceptionnelles."

Cette avertissement ne touche pas seulement les vénézuéliens mais tous les êtres vivants sur cette planète. Nous ne pouvons pas continuer à être dépendants des ressources naturels non renouvelables. De détruire la terre et laisser des dirigeants politiques et des multinationaux avides de déclencher des guerres pour s'emparer des ses ressources naturels.
Le lithium, l'or, l'aluminium, le cuivre, les pierres précieuses, les terre rares, le charbon, le gaz naturel, tant des ressources naturels non renouvelables qui doivent être géré avec intelligence et non avec convoitise. Nous devons travailler sur des technologies qui nous permettent des les utiliser avec responsabilité et respect pour l'environnement.
Peut-être un jour nous seront capable de partager ses ressources naturels, rendre à la terre ce que nous avons pris d'elle, utiliser les énergies libres et comprendre que la terre nous donne en abondance pas pour le profit d'un groupe capitaliste ou d'une nation un particulier mais pour tous les êtres vivants de cette planète.
Au Venezuela on disait "si no cuidas lo que tienes a pedir te quedas" (si tu ne prends pas soin de ce que tu as tu en manquera). Prenons soin de notre planète et de ses ressources. Et ne laissons pas non plus des dirigeants malades nous laisser sans planète.
Voici l'article semer le pétrole en français :
Semer le pétrole
Lorsqu’on considère avec une certaine attention le panorama économique et financier du Venezuela, l’idée de la grande part d’économie destructrice qui existe dans la production de nos richesses devient angoissante, c’est-à-dire de celle qui consomme sans se soucier de maintenir ou de reconstituer les quantités existantes de matières premières et d’énergie. En d’autres mots, l’économie destructrice est celle qui sacrifie l’avenir au présent et qui, pour reprendre les termes du fabuliste, ressemble à la cigale et non à la fourmi.En effet, sur un budget de 180 millions de revenus effectifs, les mines représentent 58 millions, soit près d’un tiers des revenus totaux […]. La richesse publique vénézuélienne repose actuellement, pour plus d’un tiers, sur l’utilisation destructrice des gisements du sous-sol , dont la durée de vie est non seulement limitée pour des raisons naturelles, mais dont la productivité dépend entièrement de facteurs et de volontés extérieurs à l’économie nationale. Cette grande proportion de richesses d’origine destructrice augmentera sans aucun doute le jour où les impôts miniers deviendront plus justes et rémunérateurs, jusqu’à s’approcher du rêve suicidaire de certains ingénus qui voient comme idéal du trésor vénézuélien de financer l’ensemble du Budget avec les seuls revenus des mines, ce qui se traduirait plus simplement ainsi : faire du Venezuela un pays improductif et oisif, un immense parasite du pétrole, nageant dans une abondance momentanée et corruptrice et voué à une catastrophe imminente et inévitable. Non seulement la nature destructrice de notre économie atteint ces graves proportions, mais cela va même plus loin, atteignant une ampleur tragique. La richesse du sol chez nous non seulement n’augmente pas, mais elle tend même à disparaître. Notre production agricole décline en quantité et en qualité à un rythme alarmant. Nos rares produits d’exportation ont perdu leur place sur les marchés internationaux au profit de concurrents plus actifs et plus habiles. Notre bétail dégénère et s’appauvrit à cause des épizooties, des tiques et du manque de croisements adéquats. Les terres sans engrais deviennent stériles, les cultures se font avec les méthodes les plus archaïques, d’immenses forêts sont détruites sans être replantées pour être transformées en bois de chauffage et en charbon de bois. […]La leçon de ce tableau menaçant est simple : il est urgent de créer solidement au Venezuela une économie reproductive et progressiste. Il est urgent de profiter de la richesse transitoire de l’économie destructrice actuelle pour créer les bases saines, vastes et coordonnées de cette future économie progressiste qui sera notre véritable acte d’indépendance. Il est nécessaire de tirer les plus grands revenus des mines pour les investir entièrement dans l’aide, les facilités et la stimulation de l’agriculture, de l’élevage et des industries nationales. Au lieu que le pétrole soit une malédiction qui nous transforme en un peuple parasite et inutile, qu’il soit l’heureuse conjoncture qui permettra, avec sa richesse soudaine, d’accélérer et de fortifier l’évolution de la production du peuple vénézuélien dans des conditions exceptionnelles. La part qui, dans nos budgets actuels, est consacrée à cette véritable promotion et création de richesses est encore faible et ne dépasse pas le septième du montant total des dépenses. Il faut que ces dépenses destinées à créer et à garantir le développement initial d’une économie de progrès atteignent au moins le niveau des revenus miniers. La seule politique économique sage et salvatrice que nous devons pratiquer est de transformer les revenus miniers en crédit agricole, stimuler l’agriculture scientifique et moderne, importer des étalons et des pâturages, replanter les forêts, construire tous les barrages et les canaux nécessaires pour régulariser l’irrigation et le régime imparfait des eaux , mécaniser et industrialiser les campagnes, créer des coopératives pour certaines cultures et des petits propriétaires fonciers pour d’autres. Ce serait là l’action véritable de construction nationale, la mise en valeur véritable de la richesse nationale et tel devrait être l’effort de tous les Vénézuéliens conscients. Si nous devions proposer une devise pour notre politique économique, nous proposerions la suivante, qui nous semble résumer dramatiquement cette nécessité d’investir les richesses produites par le système destructeur de la mine, dans la création de richesses agricoles, reproductives et progressistes : semer du pétrole.
Arturo Uslar Pietri, Diario Ahora, Caracas, 14 juillet 1936
Traduction par Gilles Legroux.




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